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Solana passe à Alpenglow : la finalité tombe à 150 millisecondes, sur le papier

Le 21 octobre, les validateurs de Solana ont remplacé TowerBFT par Alpenglow, le consensus d’Anza qui promet une finalité en 150 millisecondes contre 12,8 secondes. Le compteur, lui, affichait encore 6,6 secondes.

Anatoly Yakovenko, cofondateur de Solana, sur scène
Anatoly Yakovenko, cofondateur de Solana. Photo : TechCrunch / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)
Sommaire
  1. 446 validateurs sur 654 pour signer l’acte de naissance
  2. 150 millisecondes sur le papier, 6,6 secondes au compteur
  3. Rotor, la moitié qui manque encore

Changer le moteur d’un avion en plein vol, c’est l’image qu’on ressort à chaque mise à jour un peu ambitieuse. Pour une fois, elle n’est pas usurpée.

Mercredi 21 octobre 2026, vers 16 heures (heure de Paris), les validateurs de Solana ont mis à la retraite TowerBFT, le mécanisme de consensus qui faisait tourner le réseau depuis son lancement en mars 2020. À sa place : Alpenglow, développé par Anza, l’équipe d’ingénierie derrière le client validateur Agave. Selon le communiqué d’Anza, la bascule s’est faite au slot 459 653 000, et la finalité d’une transaction passe d’environ 12,8 secondes à quelque 150 millisecondes. Un clignement d’œil, résume Anza, qui n’a pas peur des métaphores non plus.

446 validateurs sur 654 pour signer l’acte de naissance

La finalité, c’est le moment où une transaction devient irréversible : celui qu’attend une plateforme d’échange avant de créditer un dépôt, ou un marchand avant de considérer qu’il est payé. Sous TowerBFT, les validateurs votaient en envoyant… des transactions, et un bloc n’était définitivement acquis qu’après empilement de votes sur 32 slots. Avec Alpenglow, ils se parlent directement, agrègent leurs votes dans des certificats, et un bloc est final après un ou deux tours de scrutin.

La manœuvre a été chorégraphiée au millimètre. D’après la page technique de la Solana Foundation, la fonctionnalité s’est activée au début de l’epoch 1064, mais le réseau a continué de tourner sous TowerBFT pendant 5 000 slots, soit environ 18 minutes. Le dernier bloc de cette fenêtre est devenu le bloc « genèse » d’Alpenglow : sur les 654 validateurs présents, 446 ont signé le certificat qui l’entérinait. La passation elle-même aurait pris à peu près 900 millisecondes. Le tout sans arrêter la chaîne ni repartir d’une page blanche, le registre existant ayant été conservé tel quel.

Pour l’utilisateur lambda, rien ne bouge en apparence : mêmes portefeuilles, mêmes applications, mêmes frais. La machine virtuelle de Solana et l’exécution des programmes ne sont pas touchées. Ce qui change, c’est le temps qu’on attend avant d’être sûr.

Baies de serveurs dans un centre de données
Les validateurs de Solana tournent sur des serveurs répartis dans le monde entier. Photo : BalticServers.com / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

150 millisecondes sur le papier, 6,6 secondes au compteur

Reste à voir ce que donne la promesse en conditions réelles. Au moment où Cointelegraph publiait son article, le tableau de bord d’Alpenglow affichait une finalité de 6,6 secondes, pour un débit de 4 721 transactions par seconde. Mieux que 12,8, certes, mais encore loin de l’éclair annoncé.

La Solana Foundation prend d’ailleurs soin de le préciser noir sur blanc : les 150 millisecondes sont « une attente, pas une constante ». Le chiffre a été mesuré selon la répartition du stake au moment des tests, il bougera avec elle, et il est plus bas quand un bloc passe en un seul tour (80 % du stake d’accord) qu’en deux (seuils à 60 %). Autre subtilité qui fera plaisir aux développeurs : les statuts « confirmed » et « finalized » désignent désormais le même état. Et les 150 millisecondes concernent bien la finalité, pas la cadence des blocs, que Solana a déjà ramenée de 400 à 200 millisecondes en quatre étapes achevées ce mois-ci.

Rotor, la moitié qui manque encore

Car Alpenglow n’est livré qu’à moitié. Ce qui tourne aujourd’hui s’appelle Votor, le volet vote, embarqué dans la version 4.3 d’Agave. Le second étage, Rotor, doit remplacer Turbine, le protocole chargé de diffuser les données des blocs à travers le réseau. Il est prévu « dans une version ultérieure » et n’a pour l’instant aucune date, reconnaît la fondation. Entre-temps, Agave 4.5, attendu en décembre 2026, doit faire passer de 64 à 96 le nombre de comptes qu’une transaction peut toucher, de quoi offrir de meilleures routes de swap selon la Solana Foundation.

Côté marché, l’enthousiasme reste mesuré. Le SOL avait pris près de 3 % dans les 24 heures précédant la mise à jour, selon CoinMarketCap cité par Cointelegraph, ce qui efface à peine une partie de la chute d’environ 42 % encaissée sur un an. Le tout dans un marché crypto chahuté cette semaine, le bitcoin ayant fait l’aller-retour entre 85 000 et 81 800 dollars en moins d’une journée, d’après CoinDesk.

Anza vend Alpenglow comme la brique qui manquait pour séduire la finance traditionnelle, celle qui veut un règlement déterministe et rapide. L’argument tient la route sur le papier. La vraie question, désormais, est de savoir combien de temps il faudra au compteur pour rejoindre la plaquette commerciale, et si le réseau tiendra ce rythme le jour où l’activité s’emballera vraiment.

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Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptoactifs sont volatils : n’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.

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