Fiscalité crypto 2026 : comment déclarer ses cryptos aux impôts
Ce qui est imposable, ce qui ne l’est pas, comment calculer sa plus-value et remplir les formulaires 2086 et 3916-bis : le guide pour déclarer ses cryptos sans erreur.
Sommaire
- En bref
- Ce qui est imposable… et ce qui ne l’est pas
- Le seuil de 305 €
- Combien d’impôt ?
- Calculer sa plus-value
- Comment remplir sa déclaration
- Le formulaire 2086 : vos cessions
- Le formulaire 3916-bis : vos comptes à l’étranger
- Staking, airdrops, minage : les cas particuliers
- DAC8 : l’administration voit vos transactions
- Les erreurs à éviter
- Questions fréquentes
- Je n’ai rien vendu cette année, dois-je déclarer quelque chose ?
- Mes cryptos ont perdu de la valeur, puis-je déduire la perte ?
- Les cryptos sont-elles soumises à l’impôt sur la fortune immobilière ?
Chaque printemps, la même question revient : comment déclarer ses cryptos ? La fiscalité française des crypto-actifs est plutôt favorable aux particuliers, mais elle impose des formalités précises, et l’administration dispose désormais des données des plateformes. Voici tout ce qu’il faut savoir pour déclarer en 2026.
En bref
- Imposable : vendre des cryptos contre des euros, ou les utiliser pour payer un bien ou un service.
- Non imposable : acheter des cryptos, les conserver, les échanger contre d’autres cryptos ou des stablecoins.
- Exonération si le total de vos cessions de l’année ne dépasse pas 305 €.
- Taux : flat tax de 31,4 % (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux), ou barème progressif sur option.
- Formulaires : 2086 pour les cessions, 3916-bis pour chaque compte ouvert à l’étranger.
Ce qui est imposable… et ce qui ne l’est pas
Les particuliers qui gèrent leurs cryptos de façon non professionnelle relèvent de l’article 150 VH bis du Code général des impôts. Est imposable toute cession :
- contre une monnaie officielle (vente en euros, en dollars…) ;
- contre un bien ou un service : c’est le cas de chaque paiement en crypto, y compris avec une carte crypto (voir payer en crypto : chaque achat est-il imposable ?).
Ne sont pas imposables :
- l’achat de cryptos avec des euros ;
- les échanges entre cryptos, y compris vers un stablecoin (USDC, EURC…) : l’imposition est reportée à la conversion en euros ;
- la simple détention, même en forte plus-value ;
- les transferts entre vos propres comptes et wallets.
Le seuil de 305 €
Vous êtes exonéré si la somme des prix de cession de l’année ne dépasse pas 305 €. Attention : il s’agit du total des ventes et paiements, pas de la plus-value. Si vous vendez pour 400 € de cryptos, vous dépassez le seuil, même si votre gain n’est que de 20 €.
Combien d’impôt ?
La plus-value nette de l’année est taxée au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de la CSG. Si votre taux marginal d’imposition est faible (0 % ou 11 %), l’option pour le barème progressif peut être plus intéressante. Cette option est globale : elle s’applique à tous vos revenus du capital de l’année.
Calculer sa plus-value
La France applique une méthode globale : on ne regarde pas le prix d’achat de la crypto vendue, mais celui de tout votre portefeuille.
Plus-value = prix de cession − (prix total d’acquisition × prix de cession ÷ valeur globale du portefeuille)
Exemple : vous avez investi 3 000 € au total dans plusieurs cryptos. Votre portefeuille vaut 6 000 € le jour où vous vendez pour 1 200 €.
| Élément | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Part du prix d’acquisition | 3 000 × 1 200 ÷ 6 000 | 600 € |
| Plus-value | 1 200 − 600 | 600 € |
| Impôt (flat tax) | 600 × 31,4 % | 188,40 € |
Pour la cession suivante, le prix total d’acquisition est diminué des 600 € déjà « consommés » : il passe à 2 400 €. Avec des dizaines d’opérations, le calcul devient vite complexe : les logiciels de fiscalité crypto importent vos historiques de plateformes et préparent le formulaire.
Les moins-values s’imputent sur les plus-values crypto de la même année, mais ne sont pas reportables sur les années suivantes.
Comment remplir sa déclaration
La déclaration se fait au printemps, en même temps que votre déclaration de revenus, avant la date limite fixée selon votre département.
Le formulaire 2086 : vos cessions
Dans la déclaration en ligne, cochez les annexes « plus-values et gains divers » puis le formulaire 2086. Pour chaque cession de l’année, indiquez notamment :
- la date et le prix de cession ;
- la valeur globale de votre portefeuille au moment de la cession ;
- le prix total d’acquisition du portefeuille.
Le résultat est reporté automatiquement sur la déclaration complémentaire 2042-C : case 3AN pour une plus-value, case 3BN pour une moins-value.
Le formulaire 3916-bis : vos comptes à l’étranger
Chaque compte ouvert auprès d’une plateforme établie hors de France (Coinbase, Kraken, Bitpanda, Crypto.com…) doit être déclaré chaque année, même s’il est vide, inactif ou sans aucune vente. Les plateformes françaises ne sont pas concernées, ni un wallet personnel dont vous seul détenez les clés.
L’oubli coûte 750 € d’amende par compte (1 500 € si sa valeur dépasse 50 000 €). C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus facile à éviter.
Staking, airdrops, minage : les cas particuliers
L’administration n’a pas publié de doctrine complète sur ces revenus. La pratique la plus répandue, à confirmer avec un professionnel pour les montants importants :
- Staking et prêt de cryptos (lending) : les récompenses sont généralement déclarées en bénéfices non commerciaux (BNC), pour leur valeur en euros à la date de réception. Leur revente ultérieure relève ensuite des plus-values.
- Airdrops : un airdrop reçu sans contrepartie entre dans votre portefeuille avec un prix d’acquisition nul, et la plus-value est taxée à la revente. S’il récompense des tâches (promotion, utilisation d’un protocole), il peut être considéré comme un revenu (BNC) dès sa réception.
- Minage : les revenus de minage relèvent des BNC.
- Activité professionnelle : si vous tradez dans des conditions assimilables à celles d’un professionnel, un régime différent s’applique.
DAC8 : l’administration voit vos transactions
Depuis le 1er janvier 2026, la directive européenne DAC8 oblige les plateformes de crypto-actifs à transmettre à l’administration fiscale l’identité de leurs clients et leurs opérations. Les premières transmissions portent sur l’année 2026 : déclarer correctement ses cryptos n’est plus une option.
Les erreurs à éviter
- Oublier un compte étranger sur le 3916-bis, même vide.
- Croire que le seuil de 305 € porte sur la plus-value.
- Déclarer les échanges crypto contre crypto comme des cessions imposables.
- Utiliser le prix d’achat de la seule crypto vendue au lieu de la formule globale.
- Perdre ses historiques : téléchargez-les régulièrement, surtout si une plateforme ferme (comme Binance pour les clients européens en juillet 2026).
Questions fréquentes
Je n’ai rien vendu cette année, dois-je déclarer quelque chose ?
Pas de formulaire 2086, mais le 3916-bis reste obligatoire pour chaque compte ouvert sur une plateforme étrangère.
Mes cryptos ont perdu de la valeur, puis-je déduire la perte ?
Seulement si vous avez cédé des cryptos dans l’année : la moins-value réalisée s’impute sur les plus-values crypto de la même année. Une perte « latente » n’est pas déductible.
Les cryptos sont-elles soumises à l’impôt sur la fortune immobilière ?
Non, l’IFI ne concerne que l’immobilier.
Pour bien démarrer, relisez notre guide pour acheter de la crypto en France.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal. Les règles évoluent régulièrement : en cas de doute, rapprochez-vous de votre centre des impôts ou d’un professionnel. Informations à jour en octobre 2026.
Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptoactifs sont volatils : n’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.