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Les Sparkassen vendent du bitcoin dans leur appli, mais gardent les clés

Depuis le 19 octobre 2026, les premières caisses d’épargne allemandes proposent bitcoin, ether, XRP, Solana et Polygon dans l’appli Sparkasse via la DekaBank, à 0,99 euro l’ordre plus spread, sans retrait possible vers un wallet personnel.

Agence Sparkasse à Tauberbischofsheim, en Allemagne
Une agence de la Sparkasse Tauberfranken. Photo : Triplec85, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Sommaire
  1. Plus de 300 caisses, aucune date commune
  2. 0,99 euro l’ordre, et un spread dont personne ne donne le chiffre
  3. Des bitcoins qu’on ne peut pas ramener chez soi
  4. Après Schwab, la banque de quartier européenne s’y met

Il y a quatre ans, les Sparkassen jugeaient le bitcoin trop risqué pour leurs clients. Depuis lundi, elles le vendent dans leur application.

Le 19 octobre 2026, les premières caisses d’épargne allemandes ont activé « Krypto – powered by Deka » dans l’appli Sparkasse, rubrique « Anlegen » (investir). Au menu : bitcoin, ether, XRP, Solana et Polygon, que l’on peut acheter, vendre et conserver sans quitter son compte courant, a confirmé le Deutscher Sparkassen- und Giroverband (DSGV), la fédération du réseau, à l’agence dpa. Le service est opéré par la DekaBank, la maison de titres du groupe, qui a décroché son agrément crypto auprès de la BaFin en 2025, selon Bloomberg.

Plus de 300 caisses, aucune date commune

Inutile de chercher un grand soir. « Wann eine Sparkasse startet, entscheidet sie selbst » : chaque caisse choisit elle-même son moment, a résumé Joachim Schmalzl, membre du directoire du DSGV. Le réseau compte plus de 300 établissements, 30 à 40 doivent rejoindre le mouvement chaque mois, et « une grande partie » des caisses intéressées devrait être branchée au premier semestre 2027. Combien étaient prêtes lundi ? La fédération ne l’a pas dit. En Bavière, seule la Sparkasse Rottal-Inn avait franchi le pas au 19 octobre, rapporte la Passauer Neue Presse.

Siège de la Förde Sparkasse à Kiel
La Förde Sparkasse à Kiel. Photo : Christian Alexander Otto, Wikimedia Commons, CC BY 4.0

Le revirement est spectaculaire. Les premiers projets remontaient à fin 2021, ils ont été gelés à l’été 2022, quand les instances du groupe recommandaient carrément de ne pas proposer de crypto, puis ressortis en juin 2025, rappelle le site spécialisé krypto-boersen.com. Ce qui a fait basculer le réseau, selon Schmalzl : la demande des clients et « un cadre juridique européen fiable », autrement dit MiCA. Il faut dire que la concurrence n’a pas attendu. Trade Republic, N26 et Revolut vendent du bitcoin depuis des années, et les Volksbanken, les banques coopératives, s’y sont mises à leur tour.

0,99 euro l’ordre, et un spread dont personne ne donne le chiffre

La grille tarifaire de la DekaBank, dans sa version de septembre 2026, affiche 0,99 euro par achat ou par vente, sans montant minimum et jusqu’à 250 000 euros par transaction. La garde est gratuite. Le vrai prix se niche ailleurs : la banque cote un cours fondé sur « un prix de référence de marché, augmenté d’un spread propre à la DekaBank », dont le document ne donne pas le montant. Sur un ticket de 50 euros, les seuls frais fixes pèsent près de 2 %, soit presque 4 % pour un aller-retour, spread non compris, calcule krypto-boersen.com.

La Deka se réserve en outre le droit d’élargir ce spread, de raccourcir la validité de ses cotations ou de restreindre le trading en cas de forte volatilité. Autrement dit, précisément les jours où l’on a envie d’appuyer sur le bouton.

Des bitcoins qu’on ne peut pas ramener chez soi

Le détail qui fera tiquer les puristes est ailleurs. Les cryptos sont conservées de façon centralisée par la DekaBank, en partenariat avec la Börse Stuttgart. Et pour les sortir, il faudra viser une autre plateforme : la livraison n’est possible que « vers les adresses de wallet de certains prestataires de services sur crypto-actifs (CASP) », indique la Deka. Envoyer ses satoshis vers un Ledger ou une Trezor personnelle ? Non. Le bitcoin version Sparkasse ressemble donc furieusement à un produit bancaire, la garantie des dépôts en moins : la Deka rappelle noir sur blanc que les cryptos n’en bénéficient pas.

Le ton du réseau reste d’ailleurs celui d’un notaire. Les cryptos demeurent des « placements hautement spéculatifs », insiste le DSGV, qui promet de ne faire ni conseil ni promotion à grande échelle, et avertit ses clients du « risque de perte totale ». On a connu des lancements plus enthousiastes.

Après Schwab, la banque de quartier européenne s’y met

L’événement dépasse pourtant la seule Allemagne. Quelques jours après l’ouverture de bitcoin et ether à tous les clients de Charles Schwab aux États-Unis, c’est le réseau bancaire de proximité par excellence en Europe qui glisse la crypto dans son appli, sous le régime MiCA. Côté fiscalité, rien ne change pour les épargnants allemands : plus-values exonérées au-delà d’un an de détention, franchise de 1 000 euros par an en deçà. Mais le ministère fédéral des Finances veut supprimer ce délai de détention à partir de 2027, note krypto-boersen.com.

Reste la seule question qui compte : l’appétit réel. Le client d’une caisse de Tauberbischofsheim ou de Kiel, qui n’a jamais ouvert de compte sur une plateforme crypto, franchira-t-il le pas parce que le bouton est désormais dans son appli bancaire ? Les premiers chiffres d’adoption, si le DSGV accepte de les publier, diront si le bitcoin est devenu outre-Rhin un produit d’épargne comme un autre, ou un rayon de plus que personne ne visite.

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Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptoactifs sont volatils : n’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.

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