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Ripple décroche sa banque fédérale : RLUSD passe sous la double tutelle de l’OCC et de New York

L’OCC a donné le 26 octobre 2026 son feu vert final à Ripple National Trust Bank, qui gérera les réserves du stablecoin RLUSD et proposera de la conservation fiduciaire aux institutionnels.

Brad Garlinghouse, PDG de Ripple
Brad Garlinghouse, PDG de Ripple. Photo : Steve Jurvetson / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)
Sommaire
  1. Une banque de fiducie, pas un guichet
  2. RLUSD, 2,5 milliards de dollars et deux gendarmes
  3. L’OCC ouvre grand les portes, les banques font la grimace
  4. Reste à ouvrir les portes

Il aura fallu quinze mois. Ripple a désormais sa propre banque, avec un tampon fédéral dessus.

L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), le régulateur américain des banques nationales, a accordé le 26 octobre 2026 son approbation finale à Ripple National Trust Bank (RNTB). L’annonce est tombée lundi soir, relayée par Brad Garlinghouse sur X, puis confirmée par un communiqué diffusé sur Business Wire. Ripple avait déposé son dossier en juillet 2025 et obtenu un feu vert conditionnel le 12 décembre suivant, rappelle CoinDesk.

Une banque de fiducie, pas un guichet

Que les amateurs de XRP ne s’imaginent pas ouvrir un compte courant chez Ripple. Une « national trust bank » est une banque de fiducie : elle garde et administre des actifs pour le compte d’autrui, elle ne distribue pas de crédits immobiliers. Selon le communiqué, les activités autorisées de RNTB tiennent en trois lignes : gérer les réserves ségréguées de RLUSD, le stablecoin dollar de Ripple, agir comme collateral trustee de ces réserves au bénéfice des détenteurs, et proposer une conservation fiduciaire d’actifs numériques aux institutionnels.

Dans sa lettre de décision de décembre 2025, l’OCC précisait déjà que la future banque, domiciliée à New York, fournirait ces deux services « à titre fiduciaire ». Autrement dit avec des obligations légales de loyauté envers les clients, ce qui n’est pas tout à fait le régime d’une plateforme d’échange.

RLUSD, 2,5 milliards de dollars et deux gendarmes

Le stablecoin, lui, ne change pas d’émetteur. RLUSD reste émis par Standard Custody & Trust Company, la filiale de Ripple régulée par le département des services financiers de l’État de New York (NYDFS). La nouveauté, c’est l’étage du dessus : les réserves passent sous la garde d’une entité supervisée au niveau fédéral. Ripple vend cette architecture comme une double tutelle, État et fédéral, que peu de concurrents peuvent afficher.

Lancé en décembre 2024, RLUSD pèse aujourd’hui environ 2,5 milliards de dollars de capitalisation selon CoinDesk, ce qui le place dans le top 50 des stablecoins mais loin, très loin, de l’USDT de Tether et de l’USDC de Circle. Ses réserves (dépôts en dollars, bons du Trésor et équivalents de trésorerie) sont aujourd’hui majoritairement conservées chez BNY. Le jeton sert dans le réseau de paiements de Ripple et comme collatéral sur Ripple Prime, sa brique de courtage institutionnel.

« Depuis des années, nous disons que la crypto et les banques fonctionnent mieux ensemble. L’approbation finale de Ripple National Trust Bank, c’est à cela que ça ressemble en pratique », a commenté Brad Garlinghouse dans le communiqué. Le ton a changé depuis décembre 2025, quand le même patron taclait au passage les « lobbyistes bancaires anti-innovation ». Une licence fédérale en poche, on devient plus diplomate.

Panneau du siège de l’Office of the Comptroller of the Currency à Washington
Le siège de l’OCC à Washington. Photo : Matthew Bisanz / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

L’OCC ouvre grand les portes, les banques font la grimace

Le calendrier n’a rien d’un hasard. Le même lundi, l’OCC invitait les banques communautaires à se lancer dans l’émission de stablecoins sous le régime du GENIUS Act, dont les règles d’application ont été finalisées la semaine dernière. Les émetteurs devront s’y conformer à partir du 18 janvier 2027, avec des dérogations temporaires possibles pour ceux qui auront déposé un dossier substantiellement complet. Nous détaillions ce texte ici.

Ripple n’était pas seul dans la fournée de décembre. L’OCC avait alors accordé des approbations conditionnelles à cinq dossiers : outre RNTB, First National Digital Currency Bank, ainsi que les conversions de BitGo, Fidelity Digital Assets et Paxos en banques fiduciaires nationales. De quoi alimenter la colère d’une partie du secteur bancaire, qui conteste ces chartes accordées aux acteurs crypto et redoute que les stablecoins, surtout ceux qui rémunèrent, n’aspirent les dépôts.

Côté marché, la nouvelle n’a pas fait de miracle : l’XRP évoluait autour de 1,28 dollar lundi selon CoinDesk, dans un marché qui réduisait la voilure avant la réunion de la Fed de mercredi. Les régulateurs bénissent, les traders regardent ailleurs.

Reste à ouvrir les portes

Ripple dit vouloir continuer à travailler avec l’OCC et les autorités new-yorkaises « à mesure que la banque démarre ses activités ». Aucune date précise de transfert des réserves de RLUSD vers RNTB n’a été communiquée. La vraie question est ailleurs : combien des quatre autres candidats de décembre franchiront à leur tour la ligne d’arrivée avant que le GENIUS Act n’entre pleinement en vigueur en janvier ?

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Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptoactifs sont volatils : n’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.

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