Blur ferme son frontend le 12 novembre : la marketplace NFT d’Ethereum range sa vitrine
Blur fermera son interface web le 12 novembre 2026, tout en laissant ses smart contracts on-chain. Blend arrête les nouveaux prêts à la même date, après un effondrement de plus de 99 % des volumes NFT.
Le roi des marketplaces NFT d’Ethereum range sa vitrine. Blur a annoncé lundi 12 octobre 2026 qu’il fermera son interface web le 12 novembre — tout en laissant ses smart contracts tourner on-chain.
Dans un fil publié sur X, le compte officiel @blur_io l’écrit sans fioritures : « The blur.io frontend will be deprecated on November 12, 2026. This deprecation only applies to the frontend. » Le protocole de marketplace reste opérationnel, et le token BLUR conserve la main sur le fameux « fee switch », ce mécanisme qui permettrait un jour de réactiver des frais de trading. Même échéance pour Blend, le bras de prêt NFT de la plateforme : plus de nouveaux prêts matchés après le 12 novembre. Les emprunteurs ont jusqu’à cette date pour rembourser… ou laisser le défaut se déclencher. Blur promet ensuite un outil pour retirer les actifs restants.
De 1,43 milliard à moins de 7 millions
Le contraste avec le pic de 2023 a de quoi donner le vertige. Selon les données de DefiLlama et The Block, le volume mensuel de Blur avait grimpé jusqu’à environ 1,43 milliard de dollars en mars 2023, au point d’arracher plus de 70 % du trading NFT Ethereum à OpenSea. Trois ans plus tard, en mars 2026, ce même volume est retombé sous les 7 millions de dollars — un plongeon de plus de 99,5 %, rapportait CoinDesk.
Lancé en 2022 par Tieshun Roquerre, mieux connu sous le pseudo Pacman, Blur avait misé sur la vitesse, des frais nuls et des récompenses en tokens pour attirer les traders pro. La stratégie a fonctionné… jusqu’à ce que le marché NFT s’essouffle et que la critique s’accumule : farming d’airdrops, soupçons de wash trading, pression sur les royalties des créateurs. Token Terminal, cite CoinDesk, n’enregistre aucun revenu de protocole sur trois ans pour la marketplace — logique quand on ne facture pas les trades. Quant à Blend ou aux autres activités, Blur n’a pas publié de bilan détaillé.
Le token BLUR a réagi comme on s’y attendait : plus de 20 % de baisse après l’annonce, autour de 0,015 $, pour une capitalisation d’environ 44 millions de dollars selon The Block — loin des sommets au-dessus de 5 $ du début 2023.
Blast d’abord, Blur ensuite
La séquence n’est pas isolée. Le 2 octobre, Blast — le layer 2 Ethereum issu de la même équipe — avait déjà annoncé sa mise en berne. Autrefois gonflé à plus de 2 milliards de dollars d’actifs via des rewards, le réseau n’en affichait plus qu’environ 32 millions au moment de l’annonce, et les développeurs avaient avoué que l’exploitation coûtait plus cher qu’elle ne rapportait. Les utilisateurs de Blast ont jusqu’au 26 octobre pour sortir via l’interface habituelle. The Block note aussi le vent contraire sur Abstract, autre L2 lié à l’écosystème NFT.
Blur, lui, n’a pas explicitement invoqué des pertes d’exploitation pour justifier la fermeture de son frontend. Le site continue même d’afficher zéro frais et plus de 7,4 milliards de dollars de volume cumulé — un trophée d’une autre époque. Reste une nuance importante pour les utilisateurs : sans interface officielle, le protocole on-chain existe encore, mais il faudra passer par d’autres clients ou des appels directs aux contrats. Blur n’a nommé aucun front de remplacement.
Entre le 12 novembre et l’outil de retrait promis pour Blend, la fenêtre se resserre pour ceux qui ont encore des positions ouvertes. Quant à savoir si Pacman prépare un autre round après Blast et Blur, le silence reste, pour l’instant, la seule réponse.
Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptoactifs sont volatils : n’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.