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OKX et ICE voulaient tokeniser Wall Street : Apple, Amazon et Boeing claquent la porte, il reste surtout les crypto-natifs

Avec Boeing, ServiceNow et Nebius, 62 sociétés refusent désormais que leurs actions soient tokenisées sur la plateforme d'OKX et d'ICE. Sur les 62 titres prévus au lancement, 54 ont dit non.

Parquet du New York Stock Exchange
Le parquet du New York Stock Exchange dans les années 1960. Photo : Library of Congress / Wikimedia Commons, domaine public.
Sommaire
  1. De 50 à 62 refus en une semaine
  2. Un Uniswap à péage sous dérogation de la SEC
  3. Il reste Coinbase, Circle et Strategy
  4. Wall Street tokenisée, oui, mais pas par n'importe qui

La Bourse 24 h/24 en stablecoins, c’était la promesse. Un mois plus tard, la vitrine se vide plus vite qu’elle ne se remplit.

Selon un nouvel avis publié par OKXICE le 5 novembre, relayé par la journaliste Eleanor Terrett puis par TechFlow et PANews, Boeing, ServiceNow et Nebius ont à leur tour refusé que leurs actions soient échangées sous forme tokenisée sur la plateforme montée par l’exchange OKX et Intercontinental Exchange (ICE), la maison mère du New York Stock Exchange. Le compteur des émetteurs opposés passe à 62. Sur les 62 sociétés que la coentreprise avait choisies pour son lancement, 54 ont désormais dit non.

De 50 à 62 refus en une semaine

La pente est raide. L’avis du 30 octobre comptait 50 objections. Celui du 2 novembre en ajoutait six d’un coup : Amazon, Tesla, SpaceX, Netflix, SoFi et Lam Research, rapportait CoinDesk. Le lendemain, Apple, Home Depot et GE Vernova rejoignaient le mouvement, selon Unchained. Ils retrouvent dans la liste Microsoft, Alphabet, Nvidia, JPMorgan ou Goldman Sachs. Aucun nom n’en est jamais ressorti.

Le calendrier explique l’accélération. Le dossier initial d’OKXICE date du 4 octobre, et les règles de la SEC laissent aux sociétés 30 jours après réception de la notification pour s’opposer. Pour beaucoup, la date butoir tombait donc le 3 novembre. Le délai court toutefois à partir de chaque notification individuelle, et la plateforme dispose de cinq jours ouvrés pour publier les refus reçus : d’autres noms peuvent encore tomber.

Aucun avis ne motive ces objections. Les émetteurs n’ont rien à justifier, et visiblement personne n’a eu envie de le faire.

Un Uniswap à péage sous dérogation de la SEC

Le projet n’a rien d’un DEX sauvage. OKXICE LLC, société texane détenue à parts égales par ICE et OKX, veut opérer sous l’« innovation exemption » de la SEC, une dérogation de cinq ans pour les plateformes de titres tokenisés publiée au Federal Register le 22 septembre. Concrètement, selon l’avis consulté par Unchained, les échanges se dénoueraient dans des pools Uniswap v4 à accès restreint sur X Layer, le réseau d’OKX. Seuls les wallets détenant un jeton « soulbound », c’est-à-dire non transférable, délivré par la plateforme pourraient y toucher. Le règlement se ferait en stablecoins, à toute heure.

Andrew Cuomo, coprésident d'OKXICE
Andrew Cuomo, ancien gouverneur de New York et coprésident d’OKXICE. Photo : Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Le détail qui change tout : ni la plateforme ni ses affiliés ne tokeniseront eux-mêmes les actions, et aucun ne jouera le rôle d’apporteur de liquidité. Tout repose sur des tokeniseurs tiers. Or une objection de l’émetteur suffit à bannir les jetons créés par un tiers non affilié. Seuls ceux émis par la société elle-même restent autorisés. Autant dire qu’avec 54 refus sur 62, le carnet de départ ressemble à une étagère vide.

Il reste Coinbase, Circle et Strategy

En recoupant la liste des treize sociétés sans objection publiée par CoinDesk le 3 novembre avec les avis suivants, les survivants forment un club au profil bien particulier : Strategy, Robinhood, Coinbase, Circle, Palantir, Super Micro Computer, Securitize et BitGo. Securitize et BitGo avaient d’ailleurs déjà indiqué à CoinDesk qu’ils ne comptaient pas s’opposer. En clair, la tokenisation de Wall Street séduit surtout ceux qui vendent déjà de la tokenisation.

Andrew Cuomo, l’ancien gouverneur de New York devenu coprésident de la coentreprise, reste imperturbable. Lors d’une conférence de presse fin octobre, il assurait que de nombreuses sociétés voulaient « d’abord voir comment le marché fonctionne », et que d’autres, hors sélection initiale, avaient frappé à la porte, sans en citer une seule ni en donner le nombre. « Nous n’en sommes qu’au tout début du déploiement d’une structure de marché fondamentalement différente », plaidait-il. Il précisait aussi que les objections arrivent désormais au fil de l’eau : « La période de départ est passée. Il n’y a pas de date de fin. » Pas de date de lancement non plus, ni de nombre de titres disponibles au démarrage.

Côté marché, le scepticisme est moins diplomate. « Je ne vois pas ce qu’on résout en tokenisant une action on-chain », lâchait Ram Ahluwalia, fondateur de Lumida Wealth, dans le podcast Bits + Bips d’Unchained.

Wall Street tokenisée, oui, mais pas par n’importe qui

Le contraste avec la semaine précédente est saisissant. Le 28 octobre, la DTCC lançait son propre service de tokenisation, avec JPMorgan et Citi dans la boucle. Les grands émetteurs n’ont visiblement rien contre la blockchain en soi. Ils tiennent surtout à garder la main sur qui fabrique les jetons adossés à leurs actions, et où ceux-ci s’échangent.

Reste une question que ni OKX ni ICE n’ont tranchée : une Bourse ouverte 24 h/24, mais limitée à huit titres dont la moitié vivent déjà de la crypto, peut-elle attirer assez de liquidité pour convaincre les 54 autres de revenir ?

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Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptoactifs sont volatils : n’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.

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