Stablecoins : 21 banques dont le Crédit Agricole créent un véhicule dollar, l’euro attendra

Tours de gratte-ciel d’un quartier financier, vue en contre-plongée

Points clés

  • Vingt-et-une institutions, dont Crédit Agricole, Citi, Goldman Sachs, Bank of America, Wells Fargo, Deutsche Bank et Santander, ont annoncé ce mardi via un communiqué PR Newswire qu’elles s’engagent à créer une société au second semestre 2026 pour émettre un stablecoin.
  • Produit visé : d’abord un dollar US, mise sur le marché au premier semestre 2027, euro « en priorité » ensuite. Le nom de la société n’est pas encore public. Closing non garanti.
  • BNP Paribas, présente dans le groupe exploratoire d’octobre 2025 et dans le consortium européen Qivalis (euro MiCA), n’apparaît pas dans la liste des 21.
  • Le véhicule se dit conforme au GENIUS Act américain et à MiCA « as applicable ». Ce n’est pas un token à acheter.

Engagement pris, société encore sur le papier. Ce mardi 1er septembre, un groupe de vingt-et-une institutions financières a annoncé, depuis Londres et New York, qu’il créera au second semestre 2026 — « subject to closing conditions » — une entreprise dédiée à l’émission d’un stablecoin. Le premier produit sera libellé en dollar. L’euro n’est que la « priorité » suivante. Rapportait le communiqué diffusé par Brunswick pour le consortium, relayé notamment par CoinDesk.

Crédit Agricole dans le club mondial, BNP ailleurs

La liste Europe du communiqué est claire : Banco Santander, BBVA, Commerzbank, Crédit Agricole, Deutsche Bank, Lloyds, Rabobank et UBS. Côté Amérique du Nord : Bank of America, Capital One, Citi, Fidelity, Goldman Sachs, PNC, Scotiabank, TD, Wells Fargo et WisdomTree. S’y ajoutent MUFG (Japon), Sirius International Holding (Moyen-Orient) et Standard Bank (Afrique). Vingt-et-un noms. Pas vingt-deux.

BNP Paribas n’y figure pas. La banque française reste, elle, associée à Qivalis, le consortium européen d’un euro stablecoin sous MiCA, encore en quête d’agrément côté Pays-Bas selon les dernières couvertures. Deux camps français se dessinent donc sans qu’il faille inventer un clash interne : Crédit Agricole parie sur un véhicule mondial dollar-first ; BNP reste sur la piste euro bancaire européenne. Barclays, qui figurait dans le cercle exploratoire d’octobre 2025, est aussi absente de la liste du jour. Reste à savoir si ces absences sont des refus, des délais, ou simplement hors périmètre — le communiqué ne le dit pas.

Billets et pièces illustrant le dollar fiduciaire
Le dollar d’abord, l’euro « en priorité » ensuite : le calendrier du communiqué du 1er septembre. (Unsplash)

H2 2026 pour la boîte, H1 2027 pour le jeton

Ce n’est plus l’exploration d’octobre 2025, quand dix banques parlaient d’un actif adossé 1 pour 1 et disponible sur blockchains publiques. Ce n’est pas non plus un lancement. La société n’a pas de nom (« announced in due course »). Le produit est ciblé pour le premier semestre 2027. Les cas d’usage listés — paiements transfrontaliers, règlement d’actifs numériques, wholesale, institutionnel et retail — restent des intentions. BCG et Brunswick précisent d’ailleurs n’agir qu’en conseils, sans pouvoir engager le consortium.

Sur le papier, le véhicule veut coller au GENIUS Act américain et à MiCA « as applicable ». Formulation d’avocat, pas un agrément. Le même 1er septembre, la Monetary Authority of Singapore ouvrait une consultation pour graver dans la loi son cadre stablecoin, avec notamment une interdiction de verser des intérêts — même verrou que le GENIUS Act. Les trois grands blocs (États-Unis, UE, Singapour) durcissent le même point : un dollar numérique bancaire pourra vendre la confiance, pas le livret.

Tether et Circle gardent la liquidité

Le marché des stablecoins tourne autour de 300 milliards de dollars, selon les agrégats cités par CoinDesk (DeFiLlama). USDT et USDC en tiennent l’essentiel. Un jeton bancaire sans date ferme, sans chaîne annoncée et sans ticker n’y change rien ce mardi. Circle a d’ailleurs reculé en séance après l’annonce, un mouvement de marché, pas une preuve que le consortium a déjà gagné.

Trois questions tranchent le reste : qui émet juridiquement, sur quelles chaînes, et quel agrément OCC / MiCA tombe en premier. Jusque-là, rien à farmer. Juste un rapport de force daté du 1er septembre — et une ligne de fracture franco-française à surveiller entre Paris et Amsterdam.

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