SEC : Nasdaq Texas range bitcoin, ether, XRP et Solana en digital commodities
Quatre lettres pour un même statut, une seule place de marché pour l’écrire noir sur blanc. La SEC vient d’approuver en procédure accélérée une modification de règle chez Nasdaq Texas : bitcoin, ether, Solana et XRP y figurent désormais comme « digital commodities » éligibles aux Commodity-Based Trust Shares. Ce n’est pas une loi fédérale. C’est une grille de cotation. Mais Wall Street lit souvent les grilles avant les discours.
Selon l’ordre 34-106268 (dossier SR-NasdaqTX-2026-039), la Commission a accordé une accelerated approval à Nasdaq Texas, LLC pour amender la règle 5711(d), qui encadre les parts de trusts adossés à des commodities. Le texte, relayé notamment par CoinGape le 5 septembre 2026, ajoute une définition de « digital commodity » dans le règlement de la place, ouvre la voie à des stratégies plus activement gérées, et installe un coussin : jusqu’à 15 % de la valeur nette d’actifs d’un produit peut reposer sur des actifs qui, au moment de la cotation, ne cochent pas encore toutes les cases d’éligibilité.
BTC, ETH, SOL, XRP : l’exemple multi-actifs de la SEC
Dans son ordre, le régulateur ne se contente pas d’abstractions. Il prend pour illustration un trust multi-actifs détenant bitcoin, ether, Solana et XRP — quatre actifs présentés comme des digital commodities qui satisfont déjà les critères pertinents de la règle. Autrement dit : pas besoin d’attendre une loi « CLARITY » pour que la plomberie listing reconnaisse ces quatre-là comme commodities éligibles à ce cadre Texas.
Le vocabulaire n’est pas sorti du chapeau. Dès mars 2026, une interprétation conjointe SEC–CFTC avait déjà classé bitcoin, ether, Solana et XRP parmi les crypto-commodities, aux côtés notamment de Cardano, Avalanche, Dogecoin, Shiba Inu ou Chainlink. Nasdaq Texas traduit aujourd’hui ce langage dans sa règle de listing. La nuance compte : ce n’est pas un nouveau statut légal national, c’est l’alignement d’une Bourse sur une grille déjà esquissée au printemps.

15 % de marge, et des stratégies un peu moins passives
Le coussin de 15 % change la mécanique pour les gérants. Un produit peut lister en tenant majoritairement des actifs déjà éligibles — futures cotés depuis au moins six mois sur un marché ISG, exposition ETF suffisante, etc. — tout en gardant une poche pour des actifs encore hors grille. L’ordre évoque aussi des techniques de gestion active autour des cryptos, là où beaucoup de trusts restaient calés sur un mode quasi passif.
Pour les investisseurs, la promesse se lit en une phrase : plus de latitude pour assembler des paniers multi-actifs réglementés, y compris avec XRP aux côtés de bitcoin et d’ether. Pour les émetteurs, c’est surtout une voie de cotation plus prévisible sur Nasdaq Texas, sans refaire à chaque fois le parcours d’une demande ad hoc. Reste que l’ordre ne transforme pas Solana ou XRP en « commodities fédérales » par magie : il les ancre dans le langage d’une place.
Après les ETF, avant le Sénat
Le timing n’est pas anodin. Les ETF spot crypto ont déjà ouvert le robinet institutionnel ; la demande pour des enveloppes régulées reste forte. En parallèle, le CLARITY Act doit encore passer sous les feux du Sénat plus tard en septembre, avec l’ambition d’un cadre fédéral plus large sur les actifs numériques. Si le texte avance, l’ordre Nasdaq Texas ressemble à une pièce de mécanique déjà posée. S’il trébuche, les règles de listing et les propositions SEC — dont le chantier « Regulation Crypto Assets » ouvert en août, commentaires jusqu’au 20 octobre — redeviennent le terrain de jeu par défaut.
Quatre tickers, une règle, un coussin de 15 %. La SEC n’a pas réécrit le Commodity Exchange Act ce week-end. Elle a laissé Nasdaq Texas écrire, dans son propre livre, ce que mars avait déjà murmuré. Reste à voir quels trusts multi-actifs franchiront vraiment la porte — et si le Sénat, lui, voudra encore parler plus fort que les règles de cotation.