Liquid Network : 4 000 BTC partis du coffre fédéré, la sidechain se met en pause
Quatre mille bitcoin qui sortent d’un coffre « fédéré », un message on-chain « we are whitehats », et une sidechain qui coupe ses ponts. Dimanche 6 septembre 2026, le Liquid Network — la chaîne latérale bitcoin portée par Blockstream — a annoncé le retrait d’environ 4 000 BTC, soit près de 320 millions de dollars, depuis le wallet de réserve qui adosse le L-BTC, selon Bitcoin Magazine.
Les nœuds bridge ont été désactivés. Les dépôts et retraits de L-BTC ont été gelés côté places. Le reste des actifs émis sur Liquid (USDT, DePix, jetons d’actifs réels) serait resté intact, d’après le compte officiel. La chaîne continue de produire des blocs ; c’est la sortie vers le bitcoin principal qui a sauté.
4 019 BTC, et 207 qui restent
Avant l’incident, la réserve fédérée dépassait les 4 200 BTC. Après, la page de preuve de réserves de Blockstream n’en affichait plus qu’un peu plus de 207, toujours selon Bitcoin Magazine. Autrement dit : environ 95 % du collatéral principal du L-BTC a quitté le multisig.
Le Liquid Network s’appuie sur une fédération de quinze membres connus ; onze signatures sont nécessaires pour déplacer les fonds. Ce n’est pas, du moins dans le récit public actuel, un casse de clés. SideSwap — exchange bridge et membre de la fédération — a précisé le 7 septembre qu’un client avait envoyé 4 000 L-BTC vers son service de peg-out à 14 h 05 UTC. À 14 h 28, la fédération a payé 3 996 BTC sur une adresse bitcoin du client. Les clés d’autorisation SideSwap n’auraient pas été compromises : le service n’aurait pas su distinguer ces L-BTC d’autres unités valides.

Un bug Elements, pas un braquage de multisig
Blockstream a confirmé, d’après SideSwap, que les L-BTC avaient été mintés via une vulnérabilité du logiciel Elements — la stack sur laquelle repose Liquid. L’hypothèse qui circule : un bug de consensus permettant de créer plus de 4 000 L-BTC sans collatéral, puis de les échanger contre du vrai bitcoin via le mécanisme de peg-out. Les HSM de la fédération ont signé une transaction qui, côté règles, paraissait valide.
Les attaquants ont laissé un OP_RETURN : « we are whitehats. contact us on chain. » On a vu, depuis, des tentatives de contact on-chain et des pistes Signal dont Samson Mow (JAN3, ex-Blockstream) a douté qu’elles viennent bien de l’adresse détentrice des fonds. Charles Guillemet, CTO de Ledger, a rappelé le vieux refrain : un white hat ne vide pas d’abord un pont de plusieurs centaines de millions pour ensuite proposer de discuter — parallèle fréquent avec Ronin ou d’autres « négociations » post-exploit.
Ce que ça change pour les détenteurs de L-BTC
Tant que la réserve n’est pas reconstituée, le peg 1:1 du L-BTC repose sur une promesse, pas sur un coffre plein. Aqua et d’autres wallets qui s’appuient sur Liquid ont vu leurs fonctions liées à la sidechain touchées ; le bitcoin on-chain, lui, n’a pas bougé. Le prix du BTC tournait autour des 80 000 $ au moment des faits — le choc reste localisé à l’écosystème Liquid, pas au marché spot.
Reste la question ouverte : retour majoritaire des fonds contre un correctif (et éventuellement une prime), ou dilution durable du collatéral. Dimanche soir, le réseau était toujours en mode restreint. On saura vite si l’étiquette « white hat » tient quand 4 000 BTC sont déjà hors du coffre.